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Trop molle, la croissance

Jeudi 17 Janvier 2019 - Par Finances News

Par Fatima Ouriaghli, Directrice de publication de Finances News Hebdo


 

L’économie marocaine présente encore un profil très contrasté. Avec un taux de croissance qui joue au yoyo et loin d’être suffisamment vigoureux pour répondre aux besoins du pays, notamment en termes de création d’emplois et de réduction des inégalités.

Quelques chiffres livrés par certaines institutions permettent d’en juger. La Banque mondiale prévoit une croissance de 3,2% en 2018 et 2,9% en 2019, contre respectivement 3,3% et 3,1% pour Bank Al-Maghrib. Quant au Centre marocain de conjoncture, il table également sur un taux d’accroissement du PIB de 3,3% en 2018 et 3,6% pour cette année.

La prévision la plus attendue, celle du haut-commissariat au Plan (HCP), a été donnée mercredi. Le HCP, qui a fait un diagnostic succinct et plutôt sombre de la situation macroéconomique nationale, table sur un taux de croissance de 3% en 2018 et de seulement 2,9% en 2019.

Aujourd’hui donc, le défi majeur pour le Maroc est d’avoir un taux de croissance relativement élevé, de l’ordre 6 à 7 % par an, durant plusieurs années, afin de pouvoir faire face au chômage structurel, dont le taux gravité entre 10 et 10,5%, et qui est particulièrement élevé chez les jeunes urbains. Ce qui, bien évidemment, induit un PIB non agricole plus élevé. Sauf que la croissance non agricole peine à atteindre le seuil des 4%, malgré le coup de fouet donné aux nouveaux métiers mondiaux du Maroc (aéronautique, automobile, offshoring…).

La définition d’un nouveau modèle économique susceptible de créer davantage de richesses pour le Royaume, comme cela a été demandé par le Roi, trouve ainsi toute sa légitimité. Car, pour assouvir l’ambition du Maroc d’être un pays émergent, il faudra, entre autres, un système fiscal permettant une allocation optimale et efficiente des investissements, développer le capital humain à travers un bien meilleur système d'enseignement et de formation, une meilleure gouvernance des institutions, un secteur privé plus fort et plus dynamique…

A défaut, l’économie marocaine restera toujours assujettie aux caprices de la pluviométrie, avec une croissance drivée essentiellement par l’agriculture. Comme c’est le cas actuellement.  

 

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