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Jeudi 06 Juillet 2017 - Par financenews

Tout ça pour ça !

 

Imaginez, en cette période estivale, que vous êtes à la plage… en train de construire un château de sable. Vous y consacrez un temps précieux. Vous vous y prenez avec minutie, peaufinant tous les détails avec une délicate attention. Au moment où vous vous apprêtez à vous lever pour contempler votre chef-d’oeuvre, des enfants qui jouaient par là tombent dessus et tout s’écroule. Rageant non ?

C’est à peu près la même chose qui est arrivée à Bank Al-Maghrib. Pendant plusieurs mois, l’institut d’émission a travaillé sur le passage d’un régime de change fixe vers un régime de change flexible. Un travail organisé, bien circonscrit dans le temps, avec des étapes bien définies, le tout ponctué de multiples réunions d’informations et de sensibilisation avec les banques, les opérateurs économiques, la presse… Toutes les précautions ont été prises et tous les garde-fous mis en place afin que ce glissement, qui devait avoir lieu ce début juillet 2017, se fasse sans encombres.

Et patatra !!! Non, ce n’est visiblement pas maintenant que le Dirham écrira une nouvelle page de son histoire. Ce projet, piloté jusqu’à présent avec beaucoup de transparence par Bank Al-Maghrib, s’est heurté à ce qui semble être le véto du chef de gouvernement, Saâd Eddine El Othmani. Dans un exercice vague de communication à la télévision samedi 1er jullet, il a tenté d’expliquer la décision de surseoir à l’entrée en vigueur de la flexibilité du régime de change par la nécessité d’«étudier certains impacts». De qui se moque-t-on ? Peut-on croire que le gouverneur de la Banque centrale, qui a assuré que tous les prérequis étaient en place, va «sacrifier» le Dirham juste pour respecter son calendrier, lui qui a tout récemment tapé sur les banques pour avoir spéculé sur la monnaie nationale ?

Affirmer, au moment où tout le monde s’attendait à l’annonce de la date de démarrage de la flexibilité, qu’il faut encore «étudier certains impacts», c’est carrément faire passer les compétences de la Banque centrale pour des amateurs. Des amateurs qui n’auront point pris la peine de faire au préalable les études d’impact nécessaires. Bref, disons-le, la sortie d'El Othmani entretient le flou autour de cette réforme et décrédibilise Bank Al-Maghrib.

Sera-t-elle mise en place ou est-elle définitivement enterrée ? Je donne ma langue au chat. ■

 

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