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Vendredi 14 Juillet 2017 - Par financenews

Qui perd au change ?

 

La réforme du régime de change sera-t-elle reléguée aux calendes grecques ? Certains pensent que oui. Le moment est-il opportun pour glisser vers un régime de change flexible ? Cette question suscite de plus en plus un débat contradictoire. Quand certains, comme notamment Bank Al-Maghrib, pensent que les prérequis sont là, certains économistes pensent plutôt le contraire. Pour Nicolas Blancher, le chef de la mission de consultation du Fonds monétaire international (FMI), qui a donné lundi dernier une conférence de presse pour présenter les conclusions de ses consultations avec les autorités marocaines au titre de l’article IV du FMI et de la revue de la Ligne de Précaution et de Liquidité (LPL) (voir page 7), «le Maroc est prêt à passer au régime de change flexible». Selon lui, les prérequis sont réunis pour cette réforme «souveraine», d'autant que «les équilibres macroéconomiques sont retrouvés, les cadres de politique monétaire et économique sont renforcés et il n'y a pas d’exposition au risque de change, comme l'ont montré les différents stress tests que nous avons effectués».

«On ne voit pas de désalignement du Dirham et il n'y a pas de raison fondamentale pour que le Dirham soit déprécié», et ce malgré la baisse des réserves de change, ajoute-t-il par ailleurs. 

Alors pourquoi ce report de la part du gouvernement ? Mardi, au Parlement, le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaid, n’a donné aucune indication sur le sujet, mais en a tout autant dit long. Il a notamment affirmé que la réussite de la réforme du régime de change est tributaire de fondements macroéconomiques solides, d'un secteur financier ferme capable de faire face aux fluctuations du taux de change du Dirham et d’un marché des changes relativement développé assurant aux acteurs les outils nécessaires pour couvrir les risques. Avec, en plus, une politique monétaire crédible et une capacité de maîtriser le taux d’inflation. 

Déduction : si l’entrée en vigueur de la réforme a été reportée sine die, cela veut donc dire que les conditions évoquées ci-dessus par l’argentier du Royaume ne sont pas réunies. Tout semble donc dit. Dans toute cette cacophonie, qui perd au change ? Le débat est ouvert. ■

 

 

 

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