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Jeudi 22 Mars 2018 - Par financenews

Libre-échange

 

La zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) : c’est le projet-phare sur lequel se sont penchés, mercredi à Kigali, les Etats membres de l’Union africaine. En discussion depuis 2012, la ZLECA, dont le Maroc a signé l’accord relatif à son établissement, devrait être le point d’ancrage du nouveau processus de développement économique de l’Afrique. Hommes politiques et opérateurs économiques du continent attendent en effet beaucoup de ce marché commun de biens et services qui fédérera pas moins de 1,2 milliard de consommateurs et devrait permettre la réalisation d'un produit intérieur brut de 2,5 billions de dollars. Donner une nouvelle impulsion à l’Afrique, confrontée à de multiples défis économiques et sociaux, passera donc forcément par la réussite de cette zone de libre-échange.

Car, au moment où d’autres blocs se constituent en Europe, en Asie et ailleurs, les pays africains ont l’obligation, eux aussi, de constituer un ensemble régional fort et intégré susceptible de se mouvoir dans l’univers multidimensionnel de la mondialisation.

Il s’agit, dès lors, de remédier à la faible connectivité entre les différentes économies du continent. Actuellement, le commerce intra-africain s’élève à peine

à 18%, contre 51% en Asie, 54% en Amérique du Nord et 70% en Europe. En cela, à travers la zone de libre-échange continentale africaine, l’ambition est d’augmenter le commerce intra-africain de 35 milliards de dollars par an pour atteindre les 52% en 10 ans.

D’ailleurs, dans un discours adressé au Sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine, le Souverain a indiqué que «la création de la zone de libre-échange, la plus large au monde, avec la population la plus jeune du monde, représente un acte majeur de notre volonté commune de construire l’Afrique de demain».

Pour autant, ce nouvel ensemble ne pourra se construire et remplir pleinement ses objectifs sans l’implication effective du secteur privé. Miriem Bensalah- Chaqroun ne dit pas autre chose. Lors du «Forum d'affaires» qui s’est tenu mardi dans la capitale rwandaise, la patronne des patrons a notamment fait savoir que la mise en œuvre et le succès de cette zone de libre-échange dépend de sa capacité à répondre aux besoins de l'entreprise. Et il est primordial, selon elle, que cet accord fournisse des mécanismes de renforcement des chaînes de valeurs existantes et encourage l'investissement industriel et le transfert du savoir-faire, à travers des règles flexibles pendant les premières années suivant sa signature.

Au-delà, il semble utile aussi de se demander sur la portée de cet accord sans le Nigeria, dont le président, Muhammadu Buhari, ne s’est pas rendu à Kigali pour signer le traité, au motif qu’il veut «donner plus de temps aux consultations» internes dans son pays. ■

 

 

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