Inscrivez-vous à Notre NewsLetter


×
Vendredi 29 Septembre 2017 - Par financenews

Fair Play

 

Abdellatif Jouahri a montré, mardi 26 septembre, une autre facette de sa personnalité. Le gouverneur de la Banque centrale, qui n’hésite pas à sortir de ses gonds et à taper sur les banques s’il le faut, s’est en effet montré particulièrement convenant avec le gouvernement, et particulièrement le Chef de l’Exécutif, Saad Eddine El Othmani.

Pourtant, il avait de quoi être en colère, notamment après que ce dernier a décidé de reporter sine die, à la veille de son entrée en vigueur, le passage du régime de change fixe au régime de change flexible.

Sauf que devant la presse, il a presque défendu le gouvernement, affirmant notamment qu’«on peut percevoir positivement cette décision si le gouvernement l’a prise pour mieux apprécier les conséquences de la réforme et la soutenir, surtout qu’elle s’étale sur le long terme».

Reconnaissons-le, Jouahri est fair-play. Pour adopter sa positive attitude, face à ce qu’on peut qualifier d’un «torpillage» en règle d’une réforme qu’il a orchestrée, conduite et menée de main de maître jusqu’au bout, il faut vraiment savoir prendre de l’altitude. Dans le milieu de la boxe, on aurait affirmé que c’est un encaisseur. A la différence que sur le ring, les coups bas ne sont pas permis. Or, l’argutie avancée par El Othmani pour justifier le report de la mise en œuvre de la réforme, ressemble justement à un coup bas. Car dire qu’il faut encore «étudier certains impacts» revient forcément à remettre en cause la crédibilité de cette institution, qui aurait fait un travail incomplet.

Surtout que, jusqu’à présent, aucune requête pour des études complémentaires n’aura été adressée à Bank Al-Maghrib. Dès lors, si l’on se fie aux propos de Jouahri, il n’est pas hasardeux d’affirmer qu’il est comme nous les journalistes : il n’est pas dans le secret des dieux et ne peut donner les vraies raisons de ce report de la réforme.

Le patron de la Banque centrale a perdu un round, mais pas le combat. Car il reste convaincu qu’il faut nécessairement mettre en œuvre cette réforme, laquelle est indispensable pour appuyer les réformes structurelles qu’entend mener le gouvernement afin de rendre plus compétitive l’économie nationale. Sera-t-il pour autant entendu ? ■

 

Partage RéSEAUX SOCIAUX