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Filière dattière : Cap sur la valorisation de la production

Vendredi 02 Novembre 2018 - Par Finances News

 

La 9ème édition du SIdattes a accueilli 80.000 visiteurs et 225 exposants issus de 15 pays.

Mise en place d’une unité de valorisation des dattes au profit des agriculteurs.

Certains agriculteurs plaident pour plus de suivi de la part de l’Etat.

 

 

A l’initiative du ministère de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts en partenariat avec l'Association du salon international des dattes du Maroc (ASIDMA), Erfoud a abrité la 9ème édition du Salon international des dattes (SIDattes)  du 25 au 28 octobre, consacrée à la «Logistique et développement de la filière des dattes». Objectif : promouvoir la filière phoenicicole et les produits oasiens.

D’année en année, le succès de cette manifestation ne se dément pas. Pour cette 9ème édition, le Salon a accueilli plus de 80.000 visiteurs et 225 exposants issus de 15 pays.

Lors de son discours d'inauguration, le ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, Aziz Akhannouch, a révélé quelques chiffres qui, selon lui, démontrent l’impact du Plan Maroc Vert sur la filière. «La production annuelle des dattes entre 2015-2018 s'est située à environ 117.000 tonnes, contre 60.000 tonnes enregistrées avant le lancement du Plan Maroc vert», a-t-il déclaré.

Il a évoqué, en outre, une baisse de la production des dattes de 9%, au cours de cette année, sous l'effet des fortes pluies qu'ont connues les régions oasiennes, notant que dans le cadre du programme de plantation de 3 millions de palmiers à l'horizon 2020, le nombre de palmiers plantés atteint actuellement 2,3 millions.

«Avec ce rythme de production, le Maroc devrait passer d'un pays importateur à un pays exportateur de dattes», estime le ministre.

Le Salon a également connu la signature d’une convention de partenariat portant sur l'entretien et le nettoyage des palmeraies et la promotion de la création de l’emploi. Cet accord a été conclu entre le ministère de l’Agriculture et plusieurs partenaires régionaux et établissements publics.

Au chapitre des nouveautés cette année, les organisateurs ont mis en place un stand thématique dédié aux «jeunes dans les oasis». Des rencontres scientifiques concernant le marché des dattes au Maroc et leur commercialisation ont été organisées, auxquelles ont pris part des experts nationaux et internationaux et des représentants des différents secteurs concernés. 

En marge des activités officielles du SIDattes, il a été aussi question de visiter une oasis moderne, exploitée par une coopérative de la ville, et une unité de conditionnement des dattes, située à Hannabou à quelques encablures du centre d’Erfoud.

 

«Des subventions insuffisantes»

«Nous avons commencé les travaux dans l’oasis en 2011», nous déclare Abdelghani El Hidaoui, président d’Annakhla Al Moubaraka, une coopérative regroupant 8 agriculteurs. Le lancement du projet s’est fait dans le cadre de l’Initiative royale d’un million de palmiers et du Plan Maroc Vert.

«Si nous avons tenu jusqu’à aujourd’hui, c’est surtout grâce aux efforts des agriculteurs, la bonne volonté, la présence au quotidien dans les champs et l’entraide entre les 8 agriculteurs», nous confie le président de la coopérative. Mais pas que. En effet, la coopérative a bénéficié d’une subvention de 400.000 DH de l’Office d’investissement agricole dans le cadre du Plan Maroc Vert. 

Les coopératives de la région qui se sont investies dans la filière phoenicicole ont bénéficié également de subventions après dépôt de dossier auprès de l’Office d’investissement agricole. Ce dernier procède à la vérification de l’application de toutes les conditions nécessaires pour l’octroi de la subvention. «Les services concernés au sein de l’office vérifient toutes les conditions. S’il y a un manquement, l’agriculteur rate l’occasion de bénéficier de la subvention. Par exemple, si un agriculteur a creusé un puits sans autorisation, il risque de perdre la subvention», nous explique notre interlocuteur.

A en croire Abdelghani El Hidaoui, le montant de la subvention ne suffit pas, et ce au regard de la lourdeur des charges qu’il supporte avec ses  collègues, et qui atteindraient un montant fixe de 360.000 DH par an.

Le président de la coopérative Annakhla Al Moubaraka estime qu’il devra encore patienter au moins 2 ans avant qu’il ne puisse commercialiser ses produits, puisqu’il n’a pas encore atteint la taille critique, et ce en raison des ressources financières limitées dont il dispose.

De plus, pour que Annakhla Al Moubaraka puisse encaisser des recettes lui permettant de réaliser le retour sur investissement, «il faut attendre au moins 12 ans après le lancement du projet», souligne le président de la coopérative.

Mais, dit-il, «ce dont nous avons le plus besoin, c’est bien l’encadrement et le suivi de la part des agronomes de l’Office d’investissement agricole». Et d’ajouter : «Nous sommes également prêts à payer en partie les services des agronomes de l’office, à savoir des formations».

 

Le défi de la valorisation de la production

Les autorités en charge notamment de la filière phoenicicole apportent également de l’aide aux coopératives ainsi qu’aux Groupements d’intérêt économique (groupement de coopératives en une seule entité) sous forme d’une unité logistique, en charge du conditionnement et de la valorisation de la production.

Nous nous sommes rendus à l’une des ces unités logistiques, à Hannabou, à quelques kilomètres du centre d’Erfoud. C’est l’Office régional de la mise en valeur agricole de Tafilalat (ORMVA-Tafilalat), créé par décret en 1966 et placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, qui est chargé de cette mission de valorisation de la production.

«Nous sommes plusieurs ingénieurs chargés d’encadrer les opérations de valorisation des dattes au profit des agriculteurs», nous explique Sanaa Friqech, ingénieur agronome au sein de l’ORMVA-Tafilalat.

Les unités logistiques sont ouvertes aux porteurs de projets, soit une coopération ou un ensemble de coopérations fédérées dans un Groupement d’intérêt économique. L’unité de Hannabou fait partie du  Groupement d’intérêt économique Difat Ziz, qui rassemble 32 coopératives. Dans la région, plusieurs autres unités ont été lancées pour répondre aux besoins des agriculteurs.

Dans l’optique d'accéder aux services de valorisation qu’offre l’unité logistique de Hannabou, les 32 coopératives en question ont cotisé à hauteur de 7.000 DH chacune, en vue d’en assurer le fonctionnement et de régler les charges, notamment l’achat des emballages. «La vraie cotisation est la quantité des dattes que produisent les agriculteurs», nous explique Sanaa Friqech. Ce n’est qu’après écoulement de la production que se fait la redistribution des richesses aux différents participants. «Depuis la mise en place de l’unité de conditionnement, nous avons constaté une importante évolution du chiffre d’affaires», souligne l’ingénieur. Selon elle, les agriculteurs de Difat Ziz sont parvenus à exporter leurs dattes à différents pays étrangers, dont le Canada et les Emirats Arabes Unis.

En outre, pour que les agriculteurs puissent écouler leur production, ils sont tenus de respecter les règles sanitaires stipulées par la loi n° 28-07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires. En effet, la loi appelle au strict respect des règles pour l’obtention des autorisations de l’ONSSA. En cas de manquement, les producteurs sont alors sommés de se remettre à niveau sur plusieurs aspects, dont la qualification du personnel, les infrastructures, le matériel, etc. ■

 

Par R. Ançari

 

 

 

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