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Mardi 05 Septembre 2017 - Par financenews

Distribution automobile : «Nous travaillons pour que le véhicule d’occasion bascule de l’informel vers le secteur organisé»

 

 

A l’issue de sa dernière Assemblée générale, l’Association des importateurs de véhicules (AIVAM) a présenté sa feuille de route pour les années à venir, visant à donner une nouvelle impulsion au secteur au Maroc : voitures propres, dématérialisation, développement du marché de l’occasion, fiscalité, etc. Le point avec Adil Bennani, président de l’AIVAM.

 

 

Finances News Hebdo : Quelles sont les grandes lignes de Cap 2020, que l’AIVAM compte réaliser dans le cadre d’un contrat-programme avec les parties concernées du secteur automobile ?

 

Adil Bennani : Nous avons brainstormé avec l’ensemble des membres de l’Aivam et avons arrêté quatre piliers d’intervention pour donner une nouvelle impulsion à notre activité. Il s’agit de la «Règlementation», les «Produits et services», la «Responsabilité sociétale des entreprises» ainsi que la «Communication». L’objectif de notre action est de développer et d’organiser notre secteur dans l’intérêt de tous. Dans le volet développement, nous réfléchissons au renouvellement du parc ancien (> 20 ans dont le nombre avoisine les 1,5 millions de véhicules), le développement du véhicule d’occasion (VO), une fiscalité incitative pour les véhicules propres.

Le volet réglementaire est omniprésent dans ces mesures, mais touchera aussi la digitalisation de certaines procédures comme l’immatriculation, le contrôle technique, l’homologation, …

In fine, plus d’efficacité et de simplicité dans un marché plus important.

 

F. N. H. : Quelles sont les mesures prises pour développer le VO ?

 

A. B. : Le segment de l’occasion est un volet important sur lequel nous nous sommes penchés. A l’instar des distributeurs dans les pays développés, le VO est une activité majeure de leur business. C’est un complément indissociable de l’activité véhicule neuf (VN).

Sur le plan sécuritaire, cela permettra aux VO lancés sur le marché de répondre aux normes en vigueur puisqu’ils seront contrôlés avant d’être écoulés.

Il faut dire que ce segment n’a pas été développé à cause d’une règlementation peu favorable.  Certes, il y a eu quelques changements au niveau de la TVA, mais cela reste insuffisant pour booster l’activité. Nous travaillons pour que le VO bascule de l’informel vers le secteur organisé. Au niveau administratif, il faut simplifier davantage la procédure. Le VO a besoin d’une réactivité très importante.

 

F. N. H. : Quelles sont vos propositions pour faciliter les immatriculations ?

 

A. B. : Nous allons signer avec le département du Transport une convention pour que les opérations d’immatriculation se réalisent en toute célérité. Cela devrait être opérationnel dès la rentrée prochaine. Le mode opératoire se fera par étape. Il y a des textes de loi qui doivent être changés afin de basculer vers un processus totalement dématérialisé. En phase 1, nous simplifierons déjà le process sensiblement. Une fois les nouveaux textes adoptés, le processus s’orientera vers un circuit plus dématérialisé et plus efficace. Tout cela sera acté dans une convention que nous allons signer avec le ministre du Transport dont les équipes se sont d’ailleurs montrées très disponibles et constructives.

Un changement qui devrait améliorer notre quotidien et celui des citoyens.

 

F. N. H. : Qu’en est-il de la voiture propre ?

 

A. B. : Le Maroc accuse beaucoup de retard dans ce domaine. Le Maroc doit s’arrimer à ce qui existe à l’international. Il y a une forte tendance pour encourager la voiture propre.

Nous avons proposé un schéma progressif de manière à créer une dynamique, sans pour autant que le coût soit important pour l’Etat.

Des incitations fiscales bien étudiées faciliteront l’accès à ces technologies d’un point de vue coût. Les distributeurs feront le reste afin de changer progressivement les mentalités de nos consommateurs peu enclins à la chose écologique pour le moment.

 

F. N. H. : Comment se présente les volets «produits et services» et «communication» ?

 

A. B. : Il est non seulement destiné aux membres, mais aussi à nos partenaires et les personnes concernées par le secteur. Au-delà de la fourniture de statistiques sectorielles et l’organisation de l’Auto Expo, nous avons d’autres services à valeur à proposer. Cela ira d’études consommateurs à des séminaires, en passant par des manifestations sectorielles …. Cela viendra progressivement.

C’est d’ailleurs un moyen de promouvoir l’image de notre association en tant que carrefour de savoir et d’action pour le secteur.

 

F. N. H. : Quelle est votre lecture de l’évolution du marché ?

 

A. B. : Deux événements expliquent l’essor du marché ces dernières années : Premièrement, un renouvellement qui avait quelque peu tardé sur les années passées.

Ensuite, le taux des primo-accédants qui était auparavant de 10% et qui augmente actuellement à plus de 20% en moyenne.

La pyramide des âges fait que chaque année sera marquée par l’arrivée d’une population ayant besoin de mobilité et disposant de pouvoir d’achat.

Si la croissance économique évolue de manière continue entre 4 et 6%, cela aura un effet favorable sur la durée, sur l’évolution du marché automobile.

Les marchés développés dont la population avoisine celle du Maroc, réalisent entre 700 mille et 1 million de véhicules par an. Nous sommes au quart de ces volumes ! La croissance est devant nous.

 

 


Un potentiel de croissance encore important

La distribution automobile est parmi les secteurs les plus dynamiques de l’économie nationale. Le secteur réalise un chiffre d’affaires de 60 milliards de DH, contribue à hauteur de 2,3% du PIB et emploie 15.000 postes directs et 120.000 indirects.

Le marché marocain de l’automobile présente des atouts indéniables de développement. En chiffres, les ventes de voitures neuves ont enregistré une hausse de 45% sur les 5 dernières années et le parc automobile s’est élargi de 36% en 6 ans. Il recense aujourd’hui près de 3,8 millions de véhicules, dont la moyenne d’âge est de 16 ans. Quant au taux de motorisation, il reste assez faible, avec 80 véhicules pour 1.000 habitants. En Europe, par exemple, ce taux avoisine les 600 véhicules pour mille habitants.

 

Propos recueillis par C. Jaidani

 

 

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