Inscrivez-vous à Notre NewsLetter


×
Jeudi 08 Fevrier 2018 - Par financenews

Disparités spatiales : La CGEM se fait l’avocate de Drâa-Tafilalet

 

 

L’enclavement constitue le premier handicap de la région.

- En cinq ans, la valeur ajoutée industrielle de la région n’a progressé que de 1%.

 

 

Au Maroc, les grandes métropoles qui ont su développer leurs atouts, approfondir leur vocation et façonner leur image à l’échelle nationale et internationale avec l’aide des pouvoirs publics, tirent leur épingle du jeu économique actuel.

A contrario, d’autres localités et axes sont dans une dynamique de rattrapage économique et sociale, dû à un retard accusé au cours des décennies. La région de Drâa-Tafilalet fait partie de ces pôles qui regorgent d’énormes potentialités sous-exploitées dans les domaines énergétique, agricole, minier et des énergies renouvelables.

Cette nouvelle entité régionale qui s’étend sur 120.000 km2, peuplée de 1,6 million d’âmes, ne pèse que 2,5% du PIB national contre 4,8% pour l’Oriental. Ces chiffres témoignent sans ambages de la marge de progression de cette région qui, sur un horizon temporel de 5 ans, n’a vu sa valeur ajoutée industrielle progresser que de 1%.

Consciente de la nécessité de mettre en lumière et de mieux valoriser cette partie du territoire national, forte de plusieurs atouts touristiques, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a organisé récemment à Errachidia le Conseil national de l’entreprise et son Conseil d’administration.

Ce rendez-vous, qui a suscité l’engouement du microcosme des chefs d’entreprise et relevé par la présence de Mohamed Sajid, ministre du Tourisme, du Transport aérien, de l'Artisanat et de l'Economie sociale, ainsi que d’Abdelkader Amara, ministre de l'Equipement, du Transport, de la Logistique et de l'Eau, était un moment de vérité empreint d’espoir.

En effet, le maître-mot a été la mobilisation des acteurs publics et privés pour le décollage économique de Draa- Tafilelt qui compte cinq provinces, dans un contexte où les élus locaux réclament la part de développement économique qui revient à leur région.

 

Quand les carences s’additionnent

 

«Les opérateurs locaux considèrent que cette région est défavorisée», s’offusque Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente de la CGEM, qui était l’avocate des entrepreneurs locaux. Ces derniers pâtissent des délais de paiement trop longs (plus d’un an pour la commande publique), de l’absence de zones industrielles équipées et de manque de connectivité suffisante (autoroutes, routes, réseau ferroviaire).

A ce titre, l’exemple le plus édifiant est qu’il faut plus de 9 heures en autocar pour se rendre à Errachidia à partir de la capitale économique. L’enclavement de la région qui freine l’activité touristique, et les coûts de logistique élevés, constituent également des griefs pour le dynamisme de l’activité économique qui peine à atteindre sa vitesse de croisière au grand dam des habitants.

 

Le grand enjeu du désenclavement

 

Si Abdelkader Amara s’est employé à égrener les chiffres ayant trait au taux de pénétration des routes (plus de 60%) et au montant investi dans les infrastructures de connectivité entre 2012 et 2017 (plus de 2 Mds de DH), la perception des habitants de Drâa-Tafilalet tranche radicalement avec les données présentées par le ministre.

«Mieux vaut avoir une ou deux routes praticables, quelles que soient les conditions climatiques, que de disposer de plusieurs petites voies impraticables à la moindre précipitation», suggère Bensalah.

Si la voie express Errachidia-Meknès est en cours d’étude, difficile pour l’heure de déterminer avec certitude l’échéancier du début des travaux. Pour le réseau ferroviaire, la région ne sera pas connectée avant 2040.

Cela dit, forte d’un grand potentiel culturel (patrimoine, cinéma), l’entité régionale continue de faire les frais d’une offre d’infrastructures touristiques peu adaptées (services, hôtels) et d’un manque d’industries de transformation de produits agricoles. «Nous devons tous investir dans cette région», martèle Sajid, qui a annoncé la mise en oeuvre d’une convention avec la RAM. L’objectif est de vendre la destination Drâa-Tafilalet. Le prix du billet Casablanca- Errachidia, qui sera fixé à 400 dirhams à partir de mars 2018, défiera toute concurrence.

 

 

 

Par M. Diao

 

 

 

CGEM
Partage RéSEAUX SOCIAUX