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Lundi 17 Juillet 2017 - Par financenews

Marché carbone : le Maroc relance le débat

 

Décideurs politiques, économiques et financiers nationaux et internationaux et notamment africains ont pris part à la première conférence nationale sur les mécanismes de financement du changement climatique. En marge de la COP23, le pays présentera les premiers résultats des études de faisabilité de la création d’un marché carbone au Maroc lancées avec l’appui de la Banque mondiale.

 

 

Le retrait des USA de l’Accord de Paris ne semble pas décourager une grande majorité de pays qui a exprimé sa volonté de continuer la lutte contre les changements climatiques. Le Maroc figure parmi les pays ayant choisi de ne pas reculer mais plutôt d’aller de l'avant. C’est le message véhiculé lors du «Débat national sur le marché carbone» organisé récemment par le secrétariat d'Etat chargé du Développement durable, auquel ont pris part décideurs politiques, économiques et financiers nationaux et internationaux et notamment africains. Nezha El Ouafi, secrétaire d’Etat chargée du Développement durable, a rappelé dans son mot d’ouverture l’urgence avec laquelle le nouveau gouvernement a décidé de mettre en oeuvre ses engagements inconditionnels et conditionnels en matière d’atténuation. Rappelons que le Conseil des ministres vient tout juste d’adopter la Stratégie nationale de développement durable qui a établi la feuille de route opérationnelle des efforts d’atténuation du pays.

«Nous avons désormais une feuille de route claire de mise en œuvre de la NDC du Maroc, articulée autour de 52 projets structurants pour la réalisation de notre effort d’atténuation et d’adaptation chiffré à 50 milliards de DH, qui doivent tracer le chemin critique de l’engagement du Royaume dans le cadre de l’Accord de Paris», a précisé la ministre.

Cette rencontre a été l’occasion de remobiliser l’ensemble des acteurs étatiques et non-étatiques et de relancer le débat autour des mécanismes de financement du changement climatique.

L’accent a été mis sur le marché carbone, qui constitue l’un des principaux mécanismes de lutte contre le changement climatique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. A ce propos, le Maroc accuse un retard dû à la non implication du secteur privé, et plus particulièrement des sociétés qui n’ont pas fait appel à ce mécanisme international.

Rappelons que le principe de ce mécanisme, créé dans le cadre du protocole de Kyoto en 1987, est de donner en contrepartie des efforts fournis, des crédits carbone reconnus par les Nations unies et qui ont une valeur marchande cotée sur des bourses spécialisées. Un Fonds capital carbone Maroc (FCCM) doté de 300 MDH (26 millions d'euros), financé par la Caisse de dépôts et consignations (CDC) française et la Banque européenne d’investissement (BEI), avait même été créé en 2008 pour promouvoir le développement propre du pays.

Malheureusement, le Maroc n’a pas profité de ce système. Pour rattraper le retard, il a lancé, avec l’appui de la Banque mondiale, les études de faisabilité de la création d’un marché carbone au Maroc, dont les premiers résultats seront présentés à l’occasion de la COP23 à Bonn, comme précisé par la ministre. Le pays s’inscrit ainsi dans la tendance mondiale qui tente à relancer ce marché. C'est le cas de l’Europe qui a adopté en février dernier un projet de refonte du marché communautaire du carbone après 2021. L’objectif étant de faciliter l’accès à cet instrument de régulation des émissions de CO2 afin de s’inscrire dans la lignée de l’Accord de Paris.

La ministre a toutefois souligné que la finance carbone ne s’appuie pas uniquement sur le marché carbone. «D’autres mécanismes existent, pour ne citer que la taxe carbone qui permet de prendre des mesures très ciblées sur une période limitée pour éviter que cette dernière touche de manière aveugle ou injuste nos entreprises les plus innovantes ou nos PME, dont la compétitivité ne doit pas être affectée. Les instruments d’incitation climat sont des cofinancements sous forme d’aides directes, et les instruments financiers climat sont des outils de financement en prêt et en capital, en particulier dans des grands projets d’infrastructures », a tenu à préciser Nezha El Ouafi. ■

 

 

L. Boumahrou

 

 

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