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Communication financière : La réaction à chaud de l’AMMC

Mercredi 10 Octobre 2018 - Par Finances News

 

- La dernière salve des publications financières semestrielles  est en cours d’analyse par le régulateur.

- Le point avec Nasser Seddiqi, Directeur des opérations financières et des marchés au sein de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC).

 

 

Finances News Hebdo : Globalement, quelle appréciation faites-vous des publications semestrielles des entreprises et de leur communication financière ?

Nasser Seddiqi : La campagne de publication des comptes semestriels vient de se terminer, et à ce stade l’AMMC est en cours d’examen approfondi de ces publications. Toutefois, l’analyse des publications financières lors des échéances précédentes démontre que la plupart des émetteurs respectent les obligations légales en matière de communication financière.

Bien entendu, il peut toujours y avoir quelques manquements, auxquels cas, ceux-ci sont relevés et traités conformément aux procédures en vigueur (demandes d’explications, sensibilisation, sanctions …).

Par ailleurs, et afin de mieux répondre aux besoins croissants du marché en termes de transparence, nous avons renforcé le dispositif régissant la communication financière des émetteurs en introduisant de nouvelles exigences qui visent à alimenter le marché en informations de manière plus régulière, plus complète et plus pertinente.

Ainsi, à titre d’exemples, nous avons introduit l’obligation de publication des indicateurs trimestriels et nous avons aussi enrichi le contenu des publications annuelles et semestrielles. En effet, les rapports financiers annuel et semestriel seront plus étoffés et contiendront une information financière complète ainsi que des informations extra-financières pertinentes pour les investisseurs (commentaire des réalisations par le management, rapport de gestion, rapport ESG….). Ce dispositif a déjà été soumis à une première consultation publique et devrait entrer en vigueur dans quelques mois après son homologation dans les formes requises par la loi.

 

F.N.H. : Nous constatons que certains opérateurs ont publié des résultats en évolution de -30% et au-delà. Pensez-vous qu'il fallait faire des profit warning au préalable ? Si oui, quelles sont les mesures qui vont être prises ? 

N. S. : Comme évoqué précédemment, nous procédons à un examen de l’ensemble des publications financières. Lorsque nous relevons des contreperformances qui présentent un caractère significatif, nous réalisons des diligences supplémentaires pour en déterminer les causes et faits générateurs.

En fonction du résultat de ces diligences, plusieurs actions sont menées, dont notamment la transmission du dossier au collège des sanctions qui est l’organe habilité à instruire les faits susceptibles de donner lieu à une sanction et de statuer sur la suite à leur donner.

Toutefois, je tiens à rappeler que l’appréciation de ces situations se fait au cas par cas, notamment au regard du caractère significatif de la contreperformance ainsi que de la célérité avec laquelle l’information a été rendue publique par rapport au moment où l’émetteur en a pris connaissance.

 

F.N.H. : Enfin, que pense le régulateur de la concentration des Conseil d'administrations et donc des publications sur les dernières 24 h du délai légal ? Cela ne nuit-il pas à la lisibilité des résultats et à la pertinence de l'information donnée aux investisseurs ?

N. S. : Tant que la communication financière se fait dans le délai fixé, l’émetteur remplit son obligation légale. Bien sûr, les émetteurs sont fortement encouragés à publier leurs comptes le plus tôt possible. Toutefois,  je pense que le plus important n’est pas tant le timing absolu de la publication de l’information, mais sa diffusion dans le public de manière égalitaire. En effet, il est plus important de garantir que les acteurs du marché aient accès à l’information au même moment afin d’éviter que des personnes qui ont accès à une information privilégiée puissent en profiter indûment au détriment des autres.

Si ce principe est respecté, le timing de publication de l’information, pourvu qu’il respecte les délais légaux, n’affecte pas sa lisibilité ou sa pertinence. ■

 

 

Propos recueillis par A.H

 

 

 

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